Catégories :

Au milieu des grosses pointures...

Au milieu des grosses pointures...

HEM - Par Florent Moreau, publié le 27/10/2016

http://www.lavoixdunord.fr/65704/article/2016-10-27/la-pantoufle-pepere-trace-sa-route-en-compagnie-de-grosses-pointures#utm_medium=redaction&utm_source=facebook&utm_campaign=page-fan-roubaix

La Pantoufle à pépère trace sa route au milieu de grosses pointures

Pas besoin de bottes de sept lieues pour progresser à pas de géant. Barbara Liétar et son époux Arnaud Loisel s’en sortent depuis trois ans avec une bonne paire de pantoufles ! Des Pantoufles à pépère pour être précis, la marque de charentaises décalées, branchées et fabriquées en France qu’ils ont créée fin 2013. Chiffres de vente éloquents : 4 000 paires vendues en 2014, 10 000 en 2015, et plus de 16 000 prévues cette année.

« On tient à garder un positionnement cohérent. On a vu trop de marques qui décollaient très vite et qui se cassaient la gueule. »

« Pépère soprano », « Pépère électro » ou encore « Pépère camouflage », les pantoufles hémoises se déclinent aujourd’hui en 32 modèles vendus au prix de 49 euros. Elles s’écoulent en ligne mais surtout dans près de 90 boutiques à travers tout le pays. «  On a même dû filtrer, car il y avait des magasins dans lesquels on n’avait pas notre place, raconte Arnaud Loisel. 

On fait un peu les prétentieux, mais c’est comme ça, on tient à garder un positionnement cohérent. On a vu trop de marques qui décollaient très vite et qui se cassaient la gueule.  »

La pantoufle à Pépère, ce qu’elle aime, c’est le concept store, l’échoppe BCBG, la boutique «  un peu branchouille  » qui met en valeur son côté alternatif. La cible est plutôt masculine et âgée entre 25 et 45 ans, même si dans les faits, la clientèle est semble-t-il plus vaste. «  Sur Internet, notre acheteur a en moyenne 38 ans, observe Barbara Liétar, mais en fait, c’est super large. On a des mômes, des ados et leurs grands-parents. On a fait de la pub pour les modèles enfants et c’est vrai que ça a décollé.  » Les Hémois ont réussi le tour de force de sortir les charentaises de leur ringardise, si bien qu’on cause Pépère dans les rubriques « mode » de VoiciElle ou du Figaro.

« On a refusé plusieurs collaborations avec des grandes marques qui ne nous correspondaient pas. »

Là-dessus, la prestigieuse marque American Vintage, qui comme son nom l’indique est française, les a sollicités. «  On a refusé plusieurs collaborations avec des grandes marques qui ne nous correspondaient pas, mais là nos deux univers se mariaient bien, et leur clientèle est assez proche de la nôtre.  » Résultat, trois modèles flanqués de l’écusson Pantoufle à pépère ont été créés pour être distribués dans quarante-cinq magasins American Vintage, parmi lesquels ceux de Londres, Amsterdam, Singapour ou Hong-Kong.

Pour le moment bouche cousue, mais une autre marque est en discussion avec les Hémois pour un partenariat d’une plus grande ampleur encore. Du coup, 2017 sera l’année du changement de pointure. En mars, la Pantoufle à pépère quittera le domicile familial pour intégrer le futur hôtel d’entreprises de la Blanchisserie, toujours à Hem, et en profitera pour embaucher deux personnes. Le couple envisage par ailleurs d’ouvrir une boutique dans le Vieux-Lille, et de concentrer ses efforts de vente sur le Royaume-Uni et surtout la Belgique, où les ventes cartonnent, rapport paraît-il «  au côté décalé des Belges  ». Ceci n’est pas une pantoufle.

"Fabriquer à l’étranger, « ça n’aurait pas de sens" ! On leur a proposé de faire fabriquer leurs pantoufles en Espagne. «  C’est sûr que ça coûtait largement moins cher, raconte Barbara Liétar, mais c’était hors de question. Ça n’aurait pas de sens.  » Fidèle au concept d’origine, la Pantoufle à pépère continue de produire en France. L’écusson est fait à Saint-Etienne, les semelles dans le Périgord et l’usine se situe… en Charente. Seule une partie des tissus, achetés en Rhône-Alpes et à Roubaix, est produite en Italie.
Et ça ne risque pas de changer : «  Les gens ont besoin de se raccrocher à leurs racines, y compris dans leurs achats, croit savoir Arnaud Loisel. Ils aiment ce produit car il est fabriqué en France, parce qu’il est authentique. Et puis on trouve ça rigolo, que les charentaises soient produites en Charente.  »
Publié le 31/10/2016 L'actualité 1264